jeudi 3 juin 2010

Proposition de workshop Stop-motion (technique d’animation)















Le projet que nous vous proposons est né d’une évidence:
- notre fascination partagée pour les lieux abandonnés,
- le désir commun de croiser nos disciplines (vidéo et peinture)
- notre envie d’échanger, d’animer et de fédérer des groupes.
Toutes deux artistes plasticiennes et vidéastes, nous avons choisi de centrer notre proposition
autour de la technique d’animation appelée «stop motion».

CONCEPT

Réanimer des lieux et des humains

L’existence de lieux détruits, abimés, abandonnés, devenus inhabitables traversent le monde entier comme des témoins de l’Histoire et des histoires.
Allant de la pauvreté, d’une mauvaise gestion budgétaire, en passant par les catastrophes naturelles, s’en oublier les guerres et conflits politiques, l’état de ces lieux reflète souvent des crises passées et/ou présentes que les populations doivent s’efforcer de surmonter.
Voilà pourquoi, il nous semble intéressant voir important d’attirer l’attention sur ces lieux, en les investissant, le temps d’un workshop, pour leur redonner vie par le biais de l’animation appelée Stopmotion. Cette technique permet également de marquer ces endroits d’une trace physique issue des interventions, (avec de la peinture ou bien des déplacements d’objet).
Il s’agit avant tout d’une démarche pédagogique qui s’adresse aux voisins de ces lieux, à ceux qui ont des «ruines» comme paysage.
Ces ateliers s’adressent aux pré-adolescents et adolescents mais aussi aux plus grands, sans limite d’âge, pour un mélange des générations.
La technique employée serait donc le «stop motion», technique d’animation permettant d’aborder les notions d’espace, de dessin et peinture, de volume, d’installation, de vidéo et de mise en scène dans un esprit d’équipe.
Le but est d’accompagner les habitants de ces quartiers vers une expression personnelle de leur ressentis par rapport à l’histoire du ou des lieux concernés. Réinvestir des lieux, élaborer un nouveau regard, créer du lien entre les personnes mais aussi entre les personnes et l’espace, les lieux qui les entourent.


La symbolique du geste: l’expression artistique comme vecteur de transformation


Selon Jodorowvsky dans «danse de la réalité», la réalisation de micros gestes symboliques, décrits parfois comme des sortes de rituels inventés, pourrait - lorsqu’elle devient une représentation de la perception du sujet sur ce qui l’entoure - provoquer une véritable révolution intérieure pour ce dernier.
À travers notre pratique artistique personnelle, ils nous semblent évident que la pratique d’un geste symboliquement et poétiquement évocateur pour celui qui l’exécute, peut se révéler être une forme d’expression qui aborde des notions artistiques tout en nourrissant le développement personnel.
C’est en effet dans ce sillon que nous souhaiterions nous inscrire, et insufler, à notre échelle, cette dynamique au sein du workshop que nous animerons.

MÉTHODES PÉDAGOGIQUES

Notre postion pédagogique

nous souhaitons pouvoir alterner nos interventions avec les groupes formés, afin que chacun bénéficie de nos approches paticulières. Nous pouvons également être disponible pour des entretiens particuliers si certains le demandent, afin d’instaurer une
confiance mutuelle. Notre but est aussi de les accompagner vers le plus d’autonomie possible.


Déroulement des ateliers



- Rencontre

Le point de départ de chaques projets consisterait en des témoignages afin de faire connaissance avec soi-même et les autres.
Ainsi, chaque participant serait amené s’il le souhaite, à raconter son ressenti, ses histoires, ses souvenirs, etc... tout ce que le lieu à investir peut lui évoquer. Il est certain que nous irons là où les participants souhaiterons que nous allions. La parole sera libre mais non contrainte ou scolaire. Nous nous adapterons à toute forme de communication. Ces discussions se feraient sur les lieux ou suite à des visites/repérages de ces lieux.

- Ecriture des projets
Tenter de traduire les désirs des participant en élaborant concrètement le futur projet à l’aide de l’écriture, de story board et de schémas résumant l’action à suivre.
Nous passons d’une approche individuelle à une approche plus collective (éventuellement par la constitution de plusieurs groupes) en définissant les rôles de chacun.

- Réalisation des projets en équipe
En effet, le stop motion requière un véritable travail d’équipe et permet ainsi à chacun de prendre une place spécifique tout en développant une esprit de collaboration.
Les rôles attribués (mais non imposés) aux habitants pour la réalisation du projet ont pour but de les sortir de leur quotidien en mettant en place un esprit de jeu de groupe où chacun aurait la possibilité de se découvrir davantage soi-même et par rapport aux autres.


Pourquoi le Stop Motion


- Repères
Né en 1908 dans le court-métrage d’ Emilie Cohl, «Les allumettes animées», la technique du Stop motion s’est développée au fi l du temps et récemment des artistes comme Muto ou encore le collectif Combo ont investissent les espaces urbains et ruraux. L’intégration de ces décors dans les films en stop motion surprend de par l’enrichissement des jeux graphiques et spatiaux qu’ils apportent.
De plus, cela amène une proximité fertile avec la vie de quartier, cassant ainsi cette barrière qui se dresse bien souvent entre des formes d’arts étiquetées maladroitement «art contemporain» et «art populaire».


- Procédé

Techniquement, le principe du Stop Motion est de créer un mouvement à partir d’éléments immobiles.
Il s’agit donc de photographier ou de filmer les éléments fixes d’une scène, en les modifiant entre chaque prise de vue pour ensuite faire défiler les images prises à une certaine vitesse afin de leur donner une impression de mouvement. Le concept est assez proche des dessins animés. Le Stop Motion peut mettre en scène des êtres humains, des espaces, des dessins, des peintures et des objets.


- Transdisciplinarité

Cette Technique nous permet donc d’aborder de nombreuses notions artistiques sans pour autant les rendre complexes.
Allant de la conception (procédés d’écritures tels que scénarios, story boards...) à la réalisation (mise en scène, prise de vue, décor, dessin/peinture, volume) , il est question d’aborder chacun de ces domaines de façon très simple et basique.


- Valoriser les matériaux pauvres

En outre, l’une des règles pour la réalisation de ces films en Stop motion est de «faire avec les moyens du bord», les matériaux pauvres seront privilégiés.
Ainsi, les participants seront invité à concevoir et réaliser leurs idées avec les éléments qu’ils trouveront sur le lieu (briques, bout de fi celle, sable, etc..). Exceptée la peinture (fournie par l’atelier),aucun objet se trouvant hors du lieu et du contexte, ne pourra figurer dans la mise en scène.
Cette démarche permet alors de prendre conscience qu’il est possible de créer, de redonner vie avec très peu de choses.

EN PRATIQUE

Moyens techniques adaptables au budget et aux désirs des participants (caméra, pied, peinture, outils divers, etc)
Nombre de participants : 10 maximum
Age: à partir de 11 ans, sans connaissance particulière au préalable nécessaire.
Durée : 15 jours (soit 15 sessions par demi-journées)

Synthèse du programme:

1er jour : présentation du projet, explications et démonstrations de la technique stop motion
2ème jour : visite des lieux, rencontre, premières réactions et discussions.
3ème et 4ème jours : Dialogues avec les participants, échanges, témoignages et repérage des lieux
5ème et 6ème jours : organisation des groupes, conception des projets (story board, écriture,scénario)
Du 7ème jour au 12ème jour : réalisation des projets
13ème et 14ème jours: montage vidéo par nous-même (les participants ne seront pas mobilisés mais s’ils le souhaitent, ils pourront, pendant des temps choisis, observer les procédures de montage vidéo)
15ème jour : diffusion des films, distribution des dvds (chacun repartira avec un exemplaire des films réalisés) pot d’au revoir, discussion...